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BLANC, Didier La cinquantième anniversaire de la Constitution de l'Île Maurice : le syncrétisme constitutionnel d'une jeune République / Didier Blanc Revue Française de Droit Constitutionnel, Paris, n.117 (mars 2019), p.29-43 DIREITO CONSTITUCIONAL / Ilha Maurícia, CONSTITUIÇÃO / Ilha Maurícia La Constitution du 12 mars 1958 à la suite de la révision constitutionnelle en vigueur au 12 mars 1992, au jour de son vingt-quatrième anniversaire, s’ouvre sur un article 1er posant que : « Maurice est un État souverain et démocratique dénommé République de Maurice. » L’affirmation principielle de la souveraineté, caractère distinctif de l’État ne surprend guère, pas plus que ses aspirations démocratiques tant elles forgent la règle commune dans un monde où les vastes empires coloniaux occidentaux laissent place aux indépendances nationales, manifestation tangible d’une liberté des peuples à disposer librement d’eux-mêmes. De la possession de l’île par la Hollande, suivie par la France puis enfin par la Couronne britannique, Maurice a connu un long processus se refermant dans sa dernière période par le passage en 1948 de l’autonomie interne à l’indépendance en 1968. Ces vingt années charnières dans l’histoire mauricienne furent marquées par plusieurs étapes conduisant à l’indépendance après que son principe fut voté le 21 août 1967 par l’assemblée élue à la suite d’élections générales tenues le 7 août 1967. La Constitution promulguée le 12 mars 1968 par le Mauritius Independence Order, est muette quant à la forme du nouveau régime. Ce silence a pu être vu comme la manifestation d’une résurgence coloniale, contaminant au-delà l’ensemble du nouveau texte. Quoi qu’il en soit, la République n’est pas contemporaine de l’indépendance, la Constitution mauricienne est un legs du régime britannique, « octroyée par l’ancienne puissance colonial… |